

Darlie Pricila Hershel Louis
Bibliothécaire
TSF – Haïti
Célébration de la journée internationale des droits des femmes
Quand on vous dit que nous autres femmes haïtiennes vivons dans une société profondément ancrée dans le patriarcat en ce 2026, l’alarme contre le bafouement des droits humains doit déjà s’activer en vous. Et si nous nous permettons de vous rappeler que depuis quelques années, cette société qui marginalise l’importance de la femme se retrouve presque à un carrefour de l’inexistence même d’un Etat de Droit, vous ne pourrez que vous imaginer l’horreur du quotidien des femmes ainsi que des filles appartenant à cette société qui tend beaucoup plus vers la déchéance en ce qui a trait aux respect des droits fondamentaux de l’être humain qu’au progrès. Cependant nous n’ignorons pas que beaucoup sont les institutions et organismes qui livrent bataille depuis des années pour le respect des droits des femmes et la perspective d’une marche vers un développement durable.
A ce stade, Terre Sans Frontières en Haïti, de par sa mission et sa vision d’un monde beaucoup plus inclusif où l’équité et l’égalité des genres seront de la plus haute importance, se démarque du lot car parmi les employés qui travaillent dans l’organisme, on peut affirmer que 45 % sont des femmes. Elles sont des cadres compétentes, très combatives, résilientes à tout égard. Il ne faut pas oublier que plus de 70% des bénéficiaires de nos différents programmes et projets sont des femmes reparties en plusieurs ateliers comme l’informatique, les cours de cuisine ainsi que l’alphabétisation, pour ne citer que ceux-là, avec pour vision de changer la donne dans cette société qui s’entête à ne pas vouloir accorder son dû au genre féminin qualifié à tort de sexe faible. Tout au long de l’année ces femmes font montre d’un dévouement exceptionnel dans l’atteinte des différents objectifs de l’institution et c’est cette force et détermination dans l’accomplissement de leurs tâches et de leurs devoirs en tant que personnes, qui nous poussent à les honorer et à valoriser davantage leurs mérites lors de la célébration de la journée internationale des Droits des Femmes.
Ainsi donc, le 8 mars de cette année a été pour nous a Terre Sans Frontières en Haïti, non pas une simple festivité devenant coutumière, mais plutôt l’occasion d’honorer le courage, la bravoure, la ténacité et le sens de responsabilité de toutes ces femmes-là qui malgré leur refoulement au sein de leur société, dans leur maison familiale ont su, en deçà de l’abandon de leur père ou de leur compagnon de vie, réussir à survivre et par la suite éduquer fièrement leurs enfants. Car, quand l’entêtement traditionnel se mêle à une violence structurelle dans l’éducation des individus et à l’acceptation morale de la normalisation de la propagation de l’idée de l’infériorité du genre féminin face au masculin, ajouté encore, au fait indéniable que cette société soit soumise au chômage, à la misère et à la dépendance des hommes pour la survie des ménages, nous ne pouvons que crier, rappeler et surtout revendiquer encore et encore à ceux-là qui veulent piétiner nos droits, notre valeur humaine « DROIT. JUSTICE. ACTION pour toutes les femmes et les filles ». Et pour marquer l’acte, parmi les femmes de courage de la communauté goavienne, 8 d’entre elles, sélectionnées dans la localité de Vialet, ont chacune reçu de notre part, une plaque d’honneur et de mérite accompagné d’un cadeau souvenir de l’institution.
Ce qui nous a valu une conférence hautement tenue sur les trois grands piliers de cette thématique à savoir : « DROIT. JUSTICE. ACTION pour toutes les femmes et les filles ».
Cette partie de l’activité fut fortement appréciée par l’ensemble des 265 personnes qui étaient présentes, comprenant hommes, femmes et enfants. Les questions posées lors de cette séance en sont la preuve la plus probante mettant en lumière la justice due aux fillettes victimes de toutes formes de violences, comme le viol, de dire non à cette idée archaïque qui fait croire que si une fille ou une femme s’habille selon son humeur que c’est elle qui est en cause en subissant un viol et de couper court à toute forme de silence. Des hymnes de forces et de courages ont été entonnés dans l’union pour ensuite faire place à des prestations de danses traditionnelles, une remise de certificat à 10 bénéficiaires qui ont pu valider le cours de cuisine traditionnelle ainsi qu’un grand défilé de femmes et de filles de la communauté en tenue créole dansant et chantant la célèbre chanson « sekrè fanm kreyol la = le secret de la femme Créole ». Un moment de jouissance et informatif au profit d’actions futures pour beaucoup plus d’égalité et d’équité.
En somme toute, entre la mise en péril de l’ÉTAT de DROIT en HAÏTI et l’enjeu du respect des droits des femmes dans une société patriarcale, Haïti représente une lutte à poursuivre sans relâche.
Darlie Pricila Hershel Louis