

Darlie Pricila Hershel Louis
Bibliothécaire
TSF – Haïti
Célébration de la journée mondiale de l’environnement
« La ville écrase la forêt
Pour y installer son décor
Sans songer au bruit que ferait
Le chant de tous les oiseaux morts »
– Francis Jean Blanche
Aujourd’hui, avec les difficultés qu’entraînent les changements climatiques partout dans le monde, il nous plaît d’autant plus, en tant qu’acteurs/actrices concernés, de nous citer ces quelques mots de Francis Jean Blanche pour nous rappeler que l’environnement, celui dans lequel nous sommes appelés à évoluer, représente le socle de notre vie, de la sécurité alimentaire chez nous et de notre bien-être. En une phrase, nous allons même oser dire que : « c’est le pilier de ce qu’on peut qualifier de société humaine ». Ainsi donc, le protéger, travailler à son plein essor et veiller au respect des principes écologiques dans notre quotidien n’est pas une faveur que nous octroyons à l’humanité, mais plutôt un cadeau que nous nous offrons ! Un cadeau capable d’assurer la pérennité de notre vie et de notre existence.
Et c’est ce besoin de veiller au progrès et à la protection de l’environnement dans toute son intégralité qui caractérise les actions de Terre Sans Frontières en Haïti, plus précisément dans la commune de Petit-Goâve, avec son projet d’agroécologie auquel l’organisme œuvre sans relâche pour le bien-être de tous. Un travail qui s’accomplit avec les différents acteurs de la communauté.
Et puisque, chez nous, il y a cet adage qui stipule que nos enfants sont, en somme, l’avenir du pays, nous ne nous basons pas uniquement sur les agriculteurs pour atteindre nos objectifs de développement durable, mais également sur les jeunes, les écoliers que nous considérons comme les acteurs clés pour promouvoir un environnement plus sain et poser des actions concrètes et pérennes. Car, comme le dit si bien Jean Jouzel : « Si on veut que les jeunes d’aujourd’hui puissent s’adapter au réchauffement climatique, il faut absolument agir aujourd’hui. »
Pour ce faire, TSF, accompagné de la communauté de Vialet, a déjà transplanté par le passé plus de 3 000 arbres forestiers en bordure des ravines dans plus de 7 localités qui se trouvent un peu en hauteur, aux environs de l’institution. Et pendant que ces actions se poursuivent avec le renforcement de son projet d’agroécologie, en parfaite collaboration avec les organisations communautaires de base et soutenu par la FAO, l’institution profite, comme chaque année, lors de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, pour réaliser des activités pouvant toucher autant la communauté scolaire ou académique que celle des cultivateurs agricoles.
Ainsi, maintenue cette année sous le slogan : « Maintenant, pour le climat », la célébration de cette journée, en date du 5 juin 2026, a permis à TSF-Vialet d’organiser une fructueuse rencontre entre les écoliers de 3 écoles différentes de la localité, des professeurs et des membres responsables des 13 organisations communautaires de base avec lesquelles interagit l’organisme, autour d’un débat, de la mise en terre de plantules de cocotiers et d’une formation sur la préparation des « minisets agricoles », qui est une technique de multiplication rapide des semences de tubercules comme l’igname. Une activité qui a fortement plu aux participants selon les témoignages que certains ont accordés à l’institution.
Pour finir, on dira que nous n’ignorons pas qu’entre pollution, catastrophes naturelles, intempéries, déforestation massive et désertification, le pays est d’autant plus vulnérable que les ménages s’adonnent à la récolte irresponsable des arbres pour en faire du charbon de bois. Ce qui entraîne une perte graduelle de la capacité des montagnes à retenir les eaux et amplifie l’érosion, pendant que les réseaux d’égouts restent et demeurent inefficaces, sans oublier cette incapacité manifeste de l’ensemble de la population à gérer ses déchets.
Nous pouvons dire que nous avons là une liste qui n’en finirait pas pour simplement dire que l’environnement en Haïti n’a jamais été mis à plus rude épreuve que maintenant. Cependant, fermement, à force de bonne volonté et d’actions concrètes comme nous le faisons déjà à Terre Sans Frontières, nous ne pourrons obtenir que des résultats positifs.
Darlie Pricila Hershel Louis