Une profession qui donne au suivant

Publié le 14 mars 2007

Catégories: Nouvelles

Envie de partir en mission humanitaire? Les optométristes ont le choix. Ils et elles sont quelques milliers au Québec, mais font preuve d’une très grande générosité et d’un engagement solidaire envers les plus démunis des pays en voie de développement. Chaque année, plusieurs dizaines partent en missions humanitaires. Un calcul de base démontre que l’optométrie est une profession particulièrement altruiste.

Trois organisations au Québec – Optométristes Sans Frontières, IRIS Mundial et les missions du Père Labine – offrent la possibilité aux optométristes, opticiens, ophtalmologistes, techniciens, assistants et étudiants de s’initier à la coopération internationale. Chacune avec leur genre, leurs moyens et leurs objectifs, ces organisations connaissent de plus en plus de succès auprès des membres de la profession et de l’industrie visuelle. Les destinations sont variées, les expériences différentes, mais toujours enrichissantes. Ces missions permettent d’acquérir de nouvelles connaissances, à la suite de l’observation d’amétropies bien différentes de celles rencontrées au Québec. Ces voyages sont un temps de bénévolat que les professionnels se donnent à eux-mêmes afin de renouer avec une authenticité de leur pratique et avec la satisfaction de se sentir utiles. Depuis 1998, date de sa création, les Optométristes Sans Frontières (OSF) ont effectué plus d’une trentaine de missions dans plusieurs pays d’intervention (Honduras, Bolivie, Guatemala, etc.) avec des séjours ponctuels en Haïti et au Pérou. Ces dernières années, la fréquence des départs s’est accrue. Une à deux fois par an, toujours au même endroit pour créer une appartenance, pendant une quinzaine de jours, les brigades composées de 4 à 5 professionnels (pour favoriser les échanges entre les participants et avec les populations) partent offrir des examens de la vue à des patients recrutés par des partenaires. Mexique, Haïti, Pérou, Bénin, Inde, les missions d’IRIS Mundial sont sous la coordination du Dr Jean-Pierre Tchang, optométriste. Cet organisme est un regroupement d’optométristes et d’opticiens qui compte également en ses rangs des ophtalmologistes, des médecins, des infirmières, des techniciens et d’autres volontaires qui oeuvrent bénévolement auprès des personnes défavorisées. Tout en offrant des services, des soins et des produits qui aident à la vision et qui préviennent ou guérissent des maladies oculaires, ils donnent aussi de la formation aux professionnels locaux. Dr Tchang explique : « En mai dernier, lors de notre dernière mission au Pérou, dans la région de Huaraz, nous avons réalisé plus de 3100 examens de la vue, 43 chirurgies oculaires, 150 consultations médicales, 250 consultations dermatologiques, 34 chirurgies plastiques et 350 consultations et traitements de dentisterie ». Quant aux missions du Père Labine (Rou­manie, Mexique, Cameroun), elles comptent davantage de participants venus des quatre coins de l’Amérique du Nord qui rencontrent, naturellement, plus de patients. Sur le terrain d’ici et d’ailleurs, les trois organismes s’épaulent souvent. En effet, ces voyages humanitaires exigent préparation, liaisons constantes avec les partenaires et relations accrues dans les pays. Par exemple, avant qu’ils ne s’en munissent d’un, le réfractomètre portatif des OSF était mutuellement partagé. Malgré quelques différences logistiques et de conditions (par exemple, le nombre de participants), ces trois organismes répondent à deux objectifs fondamentaux : améliorer la santé oculo-visuelle des populations démunies des pays en voie de développement et permettre aux optométristes et aux autres membres de la profession de s’initier à la coopération internationale, donc de s’ouvrir à l’altérité et aux réalités du développement. Sandra Friedrich Coordinatrice

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