Une autre réalité médicale!

Publié le 18 novembre 2019

Catégories: Blogue, Terre Sans Frontières République du Congo

Par Claudia Paquette, infirmière et Valérie Tessier, médecin de famille

Mercredi matin, on se lève très tôt, direction Bétou (à 1300 km au nord de Brazzaville), dans la région de la Likouala. (Allez voir sur google Maps!)
Nous avons la chance de faire la première partie du voyage, jusqu’à Impfondo, dans un vol nolisé UNHAS (UN humanitarian air service). Cet avion, fourni par les Nations Unies, transporte des vivres, du matériel et est disponible pour les habitants de la région de la Likouala qui sont évacués pour des soins médicaux ou autres urgences. Parfois, les coopérants peuvent le prendre pour se rendre dans la Likouala.

Arrivées à Impfondo, nous rencontrons le préfet de la région de la Likouala, Monsieur Gilbert Djombo Bomodjo, pour se présenter et parler un peu de notre projet. Puis, c’est le grand départ par le fleuve pour rejoindre Bétou. 250 km sur le fleuve du Congo qui devient la rivière Ubangi, dans un bateau à moteur (couramment appelé Speedboat), chargé de vivres, de fournitures médicales et du personnel de Impfondo ! Le trajet dure 7h ! Nous avons l’occasion de mieux connaître les médecins, infirmiers et sages-femmes avec qui nous travaillerons pour les 2 prochaines semaines.

À Bétou, nous sommes logés sur le site du Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies (UNHCR). Un super bel accueil et des locaux super propres. Nous sommes vraiment reçues en reines!

Bétou est le centre de santé principal de la région nord de la Likouala. Il dessert un territoire d’environ 300 km à la ronde, avec une population d’environ 50 000 habitants, autant des habitants locaux que des réfugiés de la RCA et de la RDC.
C’est un centre de santé primaire. Pas de radiographie, pas de scan, des laboratoires très très limités. Les patients se répartissent en différentes salles : Maternité, Chirurgie, médecine homme, médecine femme et pédiatrie. Les médecins généralistes sont formés pour des chirurgies de base (appendicite, cholécystite, hernie incarcérée) et des césariennes ou curetage. Ils gèrent autant les cas de médecine interne, que les urgences, les réanimations néonatales et les accouchements. Ils sont vraiment exceptionnels! Ils arrivent à poser un diagnostic et à traiter des patients à partir de presque rien.

Jeudi, c’est le moment de présenter les civilités aux autorités de Bétou. Le sous-préfet, le maire, le représentant du HCR et le chef du centre de santé, on les visite tous! Puis nous visitons les locaux du centre de santé et les locaux de l’unité de réadaptation nutritionnelle intensive (URNI), où nous faisons la rencontre de Flora, une nutritionniste passionnée qui fait des miracles avec les patients souffrant de malnutrition. Le mur des résultats parle de lui-même : on voit le avant/après de l’admission. C’est un rappel des notions de médecine tropicale : kwashiorkor, plumpy nut, périmètre brachial, tout ce qu’on a appris prend son sens ici.

Puis, vendredi, nous allons visiter le centre de santé de Bétou et faire la tournée avec les médecins. Un petit choc attend Valérie. Ici, quand un enfant a de la fièvre, on ne pense pas à une otite. On pense au paludisme ! Le paludisme, le VIH et la tuberculose sont omniprésents et presque tous les patients sont sous quinine ou artemether. On ressort les cours de médecine tropicale pour mieux suivre Dr Grâce Mabiala dans ses explications.

Suzanne, la physiothérapeute qui nous accompagne, s’occupe autrement pendant ce temps. Elle anime les cours prénataux !!! La physiothérapie périnéale est une notion toute nouvelle ici, donc les sages-femmes et les patientes sont un peu gênées, mais surtout à l’écoute des ces nouvelles notions. Beaucoup de plaisir en perspective.

Demain, c’est le début des présentations ! On vous revient mardi après les 4 jours de formation! Bon weekend à tous !

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