Tsunami de décembre 2004 en Inde
Des outils pour affronter le futur

Publié le 11 septembre 2006

Catégories: Nouvelles

Peu avant d’atteindre Palathadi, dans le district de Nagappattinam, une fosse commune marquée d’une croix et d’un monument rappelle la brutalité avec laquelle le tsunami a frappé la côte de l’Inde. Plus de mille personnes, dont de nombreux pèlerins qui allaient visiter un temple reconnu de la région, y reposent.

Mais en ce 8 mars 2006, Journée internationale de la femme, elles sont environ 200 survivantes de tout âge à s’être rassemblées sur la route, pour une marche symbolique de quelques centaines de mètres. Leur destination : le Annai Skill Training Center, un centre de formation professionnelle mis sur pied et géré par la Social Service Society des Sœurs du Bon Secours. La date est d’autant plus importante qu’elle marque le premier anniversaire de ce centre, démarré pour soutenir les femmes de Palathadi, et des alentours, affectées par le tsunami. Trois autres centres du genre ont également vu le jour dans la région, afin d’offrir un maximum de soutien aux victimes qui ont souvent perdu toute forme de soutien familial. Deux formations sont offertes dans ces centres, soit la couture et l’informatique. Les cours s’échelonnent sur des périodes de six mois pour la couture, et d’un an pour l’informatique et sont reconnus par un collège de la région qui décerne un certificat aux finissantes. Ces dernières obtiennent ainsi une bonne chance d’intégrer le marché du travail et d’assurer leur survie économique, quand ce n’est aussi celle d’autres membres de leur famille. « Autant le tsunami a affecté négativement la vie de bien des gens, autant des gens sont parvenu et parviendront à se sortir de la misère grâce aux projets de développement social mis sur pied », fait remarquer la sœur qui dirige le Annai Skill Training Center. Cette dernière prend en exemple le cas d’une jeune fille, inscrite en informatique, venant d’un village durement touché de 350 familles. « Elle est la seule à avoir jamais reçu ce type d’éducation. » Dans plusieurs zones affectées par le Tsunami, ce type projet de formation professionnelle est en développement. Tout près de Nagercoil, à l’extrême pointe sud du pays, les Capucins ont même mis sur pied un petit centre de formation en mécanique de moteurs de bateau de pêche, qui permettra à des jeunes d’avoir un métier, tout en rendant plus sécuritaires leurs sorties en mer. Les Sœurs de la Présentation ont pour leur part démarré deux centres de formation professionnelle axés sur la couture, la dactylographie et dans une moindre mesure, l’informatique. L’un de ces centres a entièrement été construit grâce au projet d’aide. Dans un autre, les jeunes filles formées en couture sont en majorité engagées par une entreprise du coin qui paye 50 euros par mois. « Un bon salaire », fait remarquer la soeur responsable. « Tous ces projets permettent de développer l’autonomie des populations », ajoute le père Joseph Santiago.

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