Tsunami de décembre 2004 en Inde
Des maux nouveaux à soigner

Publié le 4 septembre 2006

Catégories: Nouvelles

Dans l’état du Tamil Nadu, on estime le nombre de réfugiés à 400 000, dont la majorité vit encore dans des camps. Dans quelques villages, l’aide internationale a permis la reconstruction de maisons, mais il faudra encore du temps avant de pouvoir reloger tous ces gens.

Sur la route qui longe la mer, les camps de réfugiés défilent les uns après les autres. Ce sont des amas d’abris temporaires, où les conditions de vie sont extrêmement difficiles et les problèmes de santé nombreux. Pour assurer un minimum de couverture médicale à ces gens, de même qu’aux habitants de certains villages qui n’ont pas été évacués, des cliniques de santé mobiles ont été mises sur pied à travers le projet d’Udayam. Gérées par des communautés de sœurs franciscaines, ces cliniques mobiles comptent généralement sur l’apport d’un docteur, d’un psychologue et d’une équipe de quatre ou cinq infirmières diplômées, religieuses et laïques. Le projet d’Udayam a permis l’achat de camionnettes et prend en charge les frais de déplacement, le salaire des professionnels de la santé et les médicaments. Sous l’abri temporaire qui sert de clinique dans un camp qui est sous la responsabilité des Pondy Blue Sisters, près de Sikkal, dans la région de Nagapattinam, des dizaines de patients sont alignés, alors qu’un docteur remet des prescriptions pour soulager des maux nouveaux, qui ont déferlé avec le tsunami. Au premier rang viennent les problèmes respiratoires. « Dans les camps, les gens vivent dans des abris sans ouverture, sans ventilation, où s’accumulent la fumée et la poussière », explique le docteur Shaik Allandeen. Par ailleurs, des mères qui ont accouché dans les camps peu après le tsunami ont eu de la difficulté à bien nourrir les nouveaux-nés, et plusieurs souffrent de séquelles. Les troubles psychologiques sont également nombreux chez les victimes du tsunami. « Dans certains cas, le seul bruit des vagues provoque angoisse et anxiété», mentionne le docteur Allandeen, tout en se désolant que l’alcoolisme, apporté par le stress et l’absence de travail, soit aussi sur la liste des problèmes. Près des petits villages de Assisi Ashram et de Pambanvilai, 300 kilomètres plus au sud, une petite bâtisse a été louée pour y installer une clinique. Les gens des camps situés autour viennent y recevoir des soins. « Il n’y avait même pas de clinique avant le tsunami. Depuis l’ouverture en août 2005, nous avons vu 8700 patients », mentionne le docteur en charge, tout en confirmant que les principaux cas traités sont du même type que ceux du camp visité près de Sikkal. Dans ce petit village, 250 personnes ont perdu la vie. Face à la mer, les maisons ne sont plus que ruines. L’église a été presque entièrement emportée, mais un toit temporaire en chaume a vite été installé et le père Peter Amalraj, un capucin, vient de s’y installer en permanence, à la demande du diocèse. Lui aussi doit panser des plaies.

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