Tsunami de décembre 2004 en Inde
Assurer le respect des droits

Publié le 7 septembre 2006

Catégories: Nouvelles

Dans le petit village de Uyyalikuppam, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Chennai, il n’y a pas beaucoup de traces du passage du tsunami. Les pertes humaines y ont été limitées, « seulement » neuf décès ayant été dénombrés au sein des 300 familles que compte le village. Quelques maisons, des bateaux et des effets personnels ont été emportés, mais il n’y a pas eu de ravage à grande échelle.

Tout semble bien tranquille en cette matinée, du moins jusqu’à ce qu’un homme s’empare d’un micro pour inviter les villageois à venir rencontrer les gens du projet d’aide légale d’Udayam. Aussitôt, les représentants de l’autorité villageoise, élus pour veiller aux intérêts des citoyens arrivent. Ils s’engouffrent dans la petite maisonnette torride qui leur sert de salle de réunion et prennent place. D’autres villageois les suivent, de même que des femmes. « Il y a beaucoup de monde. C’est un village qui offre une réponse très positive au projet. C’est très stimulant de travailler avec ces gens », fait remarquer le père Susai Raj, Capucin et avocat, qui s’occupe de fournir une aide légale aux victimes du tsunami, un projet qui englobe sept villages. C’est que parmi les effets personnels avalés par la mer furieuse se trouvaient quantité de documents légaux. Des titres de propriété ont été perdus, de même que des certificats de naissance et de mariage, des bulletins scolaires, des certificats de communauté (qui établissent la caste d’appartenance), ou même des documents confirmant le droit qu’ont des gens âgés de recevoir une pension. En mettant sur pied un projet d’aide légale, les Capucins ont clairement établi que le tsunami avait certes emporté des êtres chers et des biens personnels, mais pas les droits des individus. « Nous les accompagnons dans le processus leur permettant de récupérer des documents légaux. Et lorsqu’il y a litige, nous allons avec eux devant les tribunaux », souligne le père Susai. « Peu après le tsunami, des banques ont osé demander à des gens de rembourser leurs prêts, alors qu’ils venaient de perdre leur gagne-pain. Nous sommes donc intervenu auprès des banques et avons fait valoir au gouvernement qu’une telle demande était immorale. Depuis, les banques n’insistent plus », raconte l’avocat, tout en soulignant l’importance d’avoir la collaboration des autorités villageoises.

Partagez