Sœur Alice Trudeau, femme de paix, nous quitte

Publié le 7 janvier 2005

Catégories: Nouvelles

La soeur Alice Trudeau, grande complice de Terre Sans Frontières pendant dix ans, est décédée le 27 octobre dernier, des suite d’un accident cardio-vasculaire.

Avec le soutien de l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal (IFHIM) et l’aide de sa consoeur Cécile Fortier, la sœur Alice Trudeau a mis en branle un projet hautement humain, appelé Appui à la reconstruction des personnes (ARP), visant à restaurer les forces vitales de personnes confrontées à la violence et l’extrême pauvreté dans les pays en voie de développement. D’abord au Rwanda, puis au Burundi et enfin en République Démocratique du Congo, soeur Alice a semé paix et réconciliation partout où elle est passée dans la région des Grands Lacs d’Afrique, transformant la vie de centaines de personnes et faisant de plusieurs d’entre elles des « bâtisseurs de paix » capables de perpétuer son oeuvre. Les nombreuses marques de respect reçues chez Terre Sans Frontières témoignent de l’affection qu’avaient pour elle les gens de sa terre d’adoption. « C’est hier que j’ai découvert qu’il y a des personnes qui l’appelaient da’ Alice. Or, ici chez nous, le da devant un nom est le diminutif de « dada » qui signifie grande sœur. Mais on ne peut utiliser da’ que pour une grande sœur dont on est très proche et à qui on peut se confier. D’Alice je garde la foi en Dieu et en la personne. C’était une femme de paix et d’amour », a écrit la soeur Espérance Hamuli, une Congolaise impliquée dans le projet ARP à Goma. La dépouille d’Alice a été incinérée dans un cimetière musulman, à Nairobi, au Kenya, tel qu’elle en avait exprimé le souhait. « La crémation d’Alice dans un cimetière musulman annonce, pour nous de l’équipe, quelque chose de profond… Rejoindre le monde musulman, ou encore construire des ponts, est devenu une priorité de l’IFHIM devant le fossé qui s’élargit de plus en plus depuis le 11 septembre 2001 », a souligné la sœur Marie-Marcelle Desmarais, directrice générale de l’Institut de formation humaine intégrale de Montréal. Une partie des cendres d’Alice est restée en Afrique, alors que l’autre a été rapatriée chez les Missionnaires Oblates du Sacré-Cœur et de Marie-Immaculée, sa communauté située à St-Boniface, au Manitoba. Toute l’équipe de Terre Sans Frontières salue le travail phénoménal de cette pionnière qui a su léguer à tant de personnes les « sources vitales humaines ».

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