Réduire la fracture numérique

Publié le 5 septembre 2008

Catégories: Nouvelles

Réduire la fracture numérique entre les pays du Sud et du Nord, voilà le défi auquel a décidé de s’attaquer Terre Sans Frontières (TSF) en créant un partenariat avec Micro-recyc-coopération, un organisme de Montréal spécialisé dans le recyclage de vieux ordinateurs, pour leur envoi dans des pays en voie de développement.

Ainsi, 435 ordinateurs ont récemment pris la route de la Tanzanie, pour être installés dans des classes d’écoles membres de la Tanzanian Union of Private Secondary Schools (TUPSS), un partenaire de longue date de TSF. Pour Julienne Doki, co-fondatrice de l’organisme, ce projet avec la Tanzanie cons­titue un exemple du travail qui doit être fait pour permettre aux populations démunies d’avoir accès à la technologie. « Le manque d’outil de formation est un frein à la propagation du savoir », insiste-t-elle. En plus du projet en Tanzanie, Micro-recyc-coopération a réalisé des projets dans cinq autres pays, soit le Cameroun, la Guinée, le Niger, la République démo­cratique du Congo et Haïti. Seulement l’année dernière, l’organisme a expédié 1500 ordinateurs. L’idée de recycler des ordinateurs pour les redistribuer à des institutions qui manquent de ressources, souvent des écoles, n’est pas nouvelle en soi puisque des organismes québécois le font au niveau local depuis plusieurs années. Mais intervenir à l’international, en expédiant ces ordinateurs dans des pays en voie de développement est une initiative bien différente qui a germé dans la tête du fondateur de Micro-recyc-coopération, Jean Étoulem, au retour d’un voyage au Cameroun, son pays natal. Au cours de ce séjour, il a remarqué à quel point les écoles étaient démunies d’ordinateurs. En apercevant au fond d’un pla­-card son vieil ordinateur qu’il venait de remplacer, il a décidé de fonder l’orga­nisme, afin de fournir à des institutions qui oeuvrent auprès des plus démunis des outils pour apprendre à « s’aider soi-même ». Le principe est simple : les vieux ordinateurs sont recueillis auprès de particuliers, d’entreprises et d’institutions, mis à jour et équipés de logiciels libres (Linux), pour ensuite être expédiés vers des pays où ils combleront des besoins précis identifiés par des partenaires locaux. Ce processus permet d’intervenir sur plusieurs volets, dont l’éducation, en facilitant l’acquisition de matériel informatique et l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. La protection de l’environnement est par ailleurs favorisée par le recyclage, alors que la justice sociale et la solidarité internationale sont également mises de l’avant par le biais d’échanges équitables et d’entraide solidaire entre partenaires du Nord et du Sud. Enfin, l’employabilité est favorisée puisque Micro-recyc-coopération permet à des gens d’ici ayant de l’expérience en informatique de retourner sur le marché du travail. Sur le terrain, les résultats sont probants. « Dans le cas des femmes, il est évident que mieux formées et plus polyvalentes, elles peuvent plus facilement trouver du travail », affirme Mme Doki. Elle prend pour exemple une association de femmes au Cameroun, qui a véritablement trouvé un second souffle suite au don d’ordinateurs. « Plusieurs micro-entreprises ont pu naître grâce aux connaissances que les femmes ont acquises avec ces ordinateurs. Certai­nes se sont lancées dans des travaux de secrétariat, d’autres ont ouvert un café internet, » se réjouit-elle, en rappelant toutefois qu’il est primordial d’agir pour empêcher que la fracture numérique entre pays du Sud et du Nord ne s’élargisse.

Partagez