Maxime Laliberté, 28 ans, prend les commandes du Cessna 206

Publié le 20 février 2008

Catégories: 2008, Avions Sans Frontières

Maxime Laliberté, 28 ans, originaire de la ville de Québec, est le nouveau pilote d’Avions Sans Frontières (ASF), le projet d’aviation humanitaire de Terre Sans Frontières  (TSF) qui désenclave toute la province du Haut-Uele, en République démocratique du Congo (RDC), un immense territoire de près de 90 000 km2 à la frontière du Soudan et de l’Ouganda. Et ce n’est pas un hasard ou un concours de circonstances qui l’ont amené à Dungu, aux commandes du Cessna 206 d’Avions Sans Frontières.

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu piloter. Mon grand-père habitait près de l’aéroport Jean-Lesage de Québec et il m’amenait voir les avions. Je ne lisais que des bandes dessinées et des romans parlant d’aviation », raconte-t-il, tout en précisant que les manuels techniques constituent maintenant l’essentiel de ses lectures. « Plus tard, vers 17-18 ans, je me suis mis à rêver de voyages et d’aide humanitaire. Plus je me renseignais, et plus cela occupait de la place, alors j’ai décidé que je devais joindre ces deux passions », ajoute-t-il. En 2000, il termine un cours de pilotage dans une école privée, puis se met aussitôt à la recherche d’organismes susceptibles de pouvoir concrétiser son rêve. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour dénicher Avions Sans Frontières. « Mon premier appel chez TSF remonte à cette époque. Mais je n’avais que 300 heures de vol, surtout sur des patrouilles de feu, alors qu’on en exigeait 1000 », se rappelle-t-il .Déterminé à cumuler des heures, il lui faut cependant remiser son projet d’aviation humanitaire lorsque les événements du 11 septembre 2001 frappent de plein fouet le monde de l’aviation. «Tout s’est écroulé, il n’y avait plus d’emplois pour les pilotes. Heureusement, j’étais avec les cadets depuis longtemps, de sorte que j’ai continué à prendre de l’expérience à bord de planeurs », explique-t-il, en précisant qu’un planeur monte jusqu’à 23 000 pieds, soit aussi haut qu’un avion de ligne, alors qu’un Cessna est plafonné à 13 000 pieds. Cependant, ne pouvant vivre pleinement sa passion de l’aviation, il se lance dans son second dada, la coopération internationale. « Je suis allé faire un séjour de six mois au Sénégal avec un organisme spécialisé. J’ai vécu au quotidien dans une famille, ce qui m’a permis d’expérimenter un très bel échange interculturel », affirme-t- il, tout en précisant y avoir rencontré sa conjointe Mélanie Sarroino, qui ira le rejoindre à Dungu en avril 2008. De retour au Québec, il part quelque temps chercher de l’expérience en Ontario. Puis en 2005, il décide d’ajouter une corde à son arc en s’inscrivant à un cours de maintenance d’aéronefs au Collège Édouard-Montpetit. « Comme tous les pilotes, il m’est arrivé de faire face à des petits problèmes mécaniques en cours de vol. Alors je me suis dis que j’avais intérêt à mieux connaître le fonctionnement d’un avion, d’autant plus que cela pouvait être particulièrement utile dans un contexte d’aviation humanitaire », explique Maxime, qui a reçu une Bourse de mérite Garfield Weston pour ces études, notamment grâce au soutien de Guy Gervais, ancien pilote en chef d’ASF qui lui a servi de parrain. « Je vais pouvoir travailler avec Masta, le mécanicien d’Avions Sans Frontières à Dungu. Ça va être très complet comme expérience », se réjouit Maxime, qui est sans appréhension face à cette belle expérience. « J’ai plutôt des interrogations, qui sont liées au métier. Je me demande ce que c’est d’être un pilote là-bas », dit-il simplement. « Au début, ma mère s’est inquiétée. La République démocratique du Congo, c’est un nom de pays qui peut faire peur. Mais elle a fouillé et trouvé plein d’information sur Terre Sans Frontières et sur la RDC. Une fois informé, on comprend mieux et les craintes s’estompent », affirme Maxime, le coeur léger. « Évidemment, il y aura des choses surprenantes, puisque c’est le cas partout. L’important, ce qui sera satisfaisant, c’est le sentiment d’être utile, et le service rendu à la population. » « J’ai un grand amour pour l’Afrique. Ce sera la réalisation d’un beau rêve personnel et de couple que de vivre plus de six mois sur ce continent », se réjouit pour sa part Mélanie Sarroino.

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