Les gens sont malades ici.

Publié le 25 novembre 2019

Catégories: Blogue, Terre Sans Frontières République du Congo

Par Claudia Paquette, infirmière et Valérie Tessier, médecin de famille

On nous avait averties, autant dans les cours de santé internationale que par des témoignages d’amis. Mais voir la maladie, la vraie, c’est autre chose.

Les derniers jours, à faire la tournée avec les médecins et à assister les sages-femmes, ont été un peu plus difficiles… Nous avons côtoyé la VRAIE maladie. Et on se trouve chanceuses de vivre au Québec, où la prévention est promue partout et où les soins de santé sont accessibles.

Traiter la maladie, ce qui motive Dr Grâce, la médecin ici à Bétou, et Dr Bingy, un médecin de TSF à Brazzaville. Les maladies graves assouvissent la curiosité scientifique et permettent surtout de voir une importante différence quand les patients guérissent. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour aider la population, mais il y a tout de même des histoires tristes.

Ici, les femmes font souvent des avortements au premier trimestre et même en début de deuxième trimestre, à cause du paludisme.
Ici, les femmes ont des ruptures prématurés des membranes prétermes, parce qu’elle n’ont pas de retrait préventif de la CSST et qu’elles continuent de travailler aux champs jusqu’à l’accouchement.
Ici, un enfant prématuré de moins de 32 semaines a très peu de chances de survie. Pas parce que le personnel n’est pas motivé, bien au contraire. Par manque de matériel : un incubateur, est fait avec des pagnes, pour garder la chaleur; la photothérapie se fait avec les rayons UV du soleil; la pression positive se fait manuellement, parce qu’il n’y a pas de CPAP pour les aider à respirer. Tous des moyens très ingénieux et débrouillards mais insuffisants pour des trop petits bébés.
Ici, il y a des cas de tuberculose chez des femmes immunosupprimées qui ignoraient leur statut de VIH à cause du tabou entourant ce diagnostic.
Ici, des enfants meurent très jeune de paludisme grave ou de malnutrition sévère. Les parents tardent à consulter comme dans notre cas de vendredi matin. Un enfant est venu trop tard et surtout très très malade.Un paludisme compliqué d’une hémoglobine à 45, d’une forte fièvre, d’une malnutrition, et d’une pneumonie Nous avons tenter la réanimation cardio-respiratoire, mais malheureusement nous n’avons pas réussi à sauver cet enfant. Ce fût une matinée riche en émotion puisque directement après nous avons dû réanimer un 2e bébé issu d’une césarienne, qui cette fois-ci, a survécu. Vous devinerez donc que Valérie a, encore une fois, versé quelques petites larmes.

Ce qui est beau par contre, c’est de voir la passion et la motivation des gens. Une femme ne peut pas se payer un test pour vérifier l’anémie ? Bon, on va s’arranger. Une autre n’a pas les moyens de se payer une transfusion (malgré une hémoglobine à 37…) ? Bon on va aller collecter au village d’où elle vient et trouver un donneur (ce qu’ils ont réussi à faire !!). Une césarienne à 2h du matin ? Tout le monde rentre avec le sourire et avec la joie d’entendre ce premier cri, le cri de l’espoir, le cri de la vie.

Bref, ici les gens sont malades. Mais ils ont une équipe dévouée qui fait de son mieux pour les aider. Merci TSF d’appuyer cette équipe. Et à tous ceux qui nous lisent, Noël approche, c’est la fin des années fiscales. Si jamais le coeur vous en dit, n’hésitez pas à donner.

Bonne semaine, on vous souhaite tout plein de santé!