L’or bleu au coeur de deux importants projets

Publié le 19 juillet 2007

Catégories: Nouvelles

Deux importants projets d’eau, l’un au Burundi et l’autre en Haïti, pourront aller de l’avant grâce à l’important financement que viennent de consentir à Terre Sans Frontières (TSF) les deux paliers de gouvernement.

Dans un premier temps, le Ministère des Relations internationales du Québec, à travers le Programme québécois de développement international, a accepté de financer à hauteur de 140 700 $ le projet d’adduction d’eau de Karehe, au Burundi. Développé avec Encadrement pour le Monde Rural (EMR), le principal partenaire de TSF au Burundi, ce projet d’eau potable, dont la réalisation s’étendra sur deux ans, est destiné à alimenter en or bleu huit établissements scolaires, deux centres de santé et une population d’environ 25 000 personnes. D’une longueur de 15 kilomètres, cette adduction traversera une dizaine de collines, dont certaines s’élèvent jusqu’à 1600 mètres, et six grandes vallées, pour relier la commune de Bukeye, dans la province Muramvya, à celle de Rango dans la province Kayanza. Ce projet est d’autant plus important que la zone devant être desservie a été fortement touchée par la crise socio-politique des dernières années. En effet, beaucoup d’infrastructures ont été détruites alors que peu d’actions de développement ont été mises de l’avant par les gouvernements qui se sont succédé. La région est densément peuplée, avec environ 400 habitants au km2, qui vivent de l’agriculture dans une proportion de 95 %. Dans l’ensemble du pays, on estime à 23 % la proportion de la population qui consomme encore aujourd’hui une eau de piètre qualité.

Projet de Savane Henry

En Haïti, où seulement 16,5 % de la population rurale a accès à l’eau potable, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a choisi d’appuyer le projet d’approvisionnement en eau potable de Savane Henry, situé dans le département de Grand’Anse, à une centaine de kilomètres à l’ouest de la capitale Port-au-Prince. C’est la Fondation pour le développement économique et social (Fodes-5), un partenaire privilégié de Terre Sans Frontières, qui a présenté le projet et en assurera le suivi sur le terrain. Ce projet de 114 000 $ sera financé à hauteur de 84 000 $ par le Programme d’appui au développement du système de santé en Haïti, lancé par l’ACDI en début d’année. Le projet vise à capter une source dont le débit varie de 80 litres/minute à 120 litres/minute selon la saison. Pour le moment, la population de Savane Henry s’approvisionne principalement à une rivière alimentée par cette source située deux kilomètres en amont, s’exposant à de nombreuses maladies puisque les animaux, les eaux de ruissellement et certaines activités humaines contribuent grandement à sa pollution. D’une longueur de 2,1 kilomètres, cette adduction d’eau desservira environ 4000 personnes grâce à une ligne de distribution de 4,5 kilomètres dotée de huit bornes-fontaines. En plus de réduire significativement l’incidence des maladies d’origine hydrique, cette adduction permettra aussi d’alléger grandement la tâche d’aller chercher l’eau, qui revient aux femmes et aux enfants dans une proportion de 90 %. « L’eau potable, c’est la vie. Quand on règle la problématique du manque d’eau potable, on trouve une solution à la majorité des maux. Une fois que 90 % des maladies sont éliminées, les jeunes peuvent apprendre et les adultes vaquer normalement à leurs occupations. C’est la base du développement », souligne Robert Gonneville, directeur général de Terre Sans Frontières. « Avant de se tourner vers l’éducation, c’est l’eau qui était le secteur prioritaire pour TSF », rappelle-t-il d’ailleurs. « La réalisation de ces deux importants projets d’eau est en quelque sorte un retour aux sources! »

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