Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde COVID-19

Publié le 5 mars 2021

Catégories: Égalité entre les femmes et les hommes

À l’occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars 2021, nous vous présentons quelques femmes du terrain qui pratiquent fièrement leur métier ou leur profession avec TSF, parfois dans un secteur d’activité traditionnellement réservé aux hommes.


Mettre à profit ses qualités naturelles

Fadeleine Pierre Dalton
Ingénieure superviseure, Haïti

Être femme et ingénieure, voilà qui n’est pas courant en Haïti. « Il n’y a pas beaucoup de femmes qui étudient cette profession en Haïti, mais on en croise de plus en plus », précise Fadeleine Pierre Dalton, une ingénieure superviseure engagée par TSF pour divers chantiers depuis maintenant cinq ans.
« C’est un métier qui permet aux femmes de mettre à profit leurs qualités naturelles. Les femmes ingénieures ont beaucoup de réflexes en matière de construction, sont très ouvertes, méticuleuses et font preuve de finesse », détaille-t-elle.
Présentement impliquée dans la reconstruction de l’école Chainault aux Abricots, qui a été détruite par l’ouragan Matthew en 2016, Fadeleine considère que sa contribution professionnelle est appréciée au sein de la communauté. « La population est très enthousiaste puisque ce type de construction mène à la création d’emplois. De plus, l’école pourra servir d’abri en cas de catastrophe naturelle et de local pour divers besoins communautaires », ajoute-t-elle, tout en reconnaissant se mettre de la pression pour toujours bien faire le travail et atteindre l’objectif fixé. « Le défi est d’achever le travail qu’on a commencé. Mes attentes sont liées à la satisfaction et la joie des bénéficiaires », dit-elle.
Fadeleine se réjouit aussi d’être un modèle pour les jeunes filles. « Bien sûr, elles veulent être comme moi, elles aiment les femmes ingénieures. Elles me disent sans cesse bonjour, me posent des questions, me demandent de prendre des photos avec elles, m’encerclent. Cela me rend fière et heureuse. »
Pour Fadeleine, la pandémie de COVID-19 n’a pas eu d’impact sur son rôle, mais son attitude a changé. « Je suis devenue une meilleure collaboratrice en donnant l’exemple durant la pandémie. Les femmes ont pris beaucoup de précautions et ont fait beaucoup de prévention », explique-t-elle, tout en souhaitant que la Journée internationale des femmes soit une occasion pour elles d’exprimer leurs solidarités mutuelles et de notifier leurs valeurs au monde entier.

La fleur de Dierry Fortuné, ing. directeur pays en Haïti

« Fadeleine Pierre Dalton est une femme qui a le sens de leadership et qui travaille avec beaucoup de rigueur en faisant respecter les normes et le contrôle de qualité et de sécurité sur les chantiers. Chez TSF, les femmes représentent un puissant levier pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels nous adhérons. Elles entretiennent de bonnes collaborations et ont un sens de l’engagement socialement responsable respectueux de l’environnement dans lequel elles évoluent. »


Se sentir utile, considérée et autonome

Georgette Djemba
Agente de sécurité,  République du Congo

« Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de femmes qui font ce travail, que ce soit dans le département de la Likouala ou ailleurs. C’est un défi pour moi de prouver qu’une femme est tout aussi capable de travailler dans les secteurs d’activités réservés aux hommes.»
Pour Georgette Djemba, agente de sécurité au bureau de TSF à Bétou en République du Congo, le fait de pratiquer ce métier en tant que femme amène une certaine pression l’incitant à multiplier les efforts pour être à la hauteur des attentes et surtout rester le plus longtemps sur le marché du travail.
« Certaines personne sous-estiment mon rôle mais d’autres m’encouragent à continuer à exercer dans ce domaine et à faire honneur aux femmes. C’est un métier qui me permet d’être utile, d’être considérée et d’être autonome pour subvenir aux besoins de mes trois filles », explique Georgette, tout en précisant que sa relation avec les bénéficiaires, dont plusieurs sont des personnes réfugiées, est basée sur un respect réciproque et la considération, lui permettant de les accompagner dans leur processus d’intégration.
Georgette estime par ailleurs que son rôle a beaucoup évolué avec la pandémie de COVID-19. « Je suis devenue une actrice engagée dans la lutte contre cette pandémie à travers la sensibilisation faite auprès de mes collègues gardiens masculins, de nos visiteurs au bureau et de nos bénéficiaires », précise-t-elle. « Malheureusement, j’ai constaté une hausse des violences conjugales pendant le confinement et la détérioration de la stabilité des moyens de subsistance des femmes, qui nuit à leur autonomisation. »
Pour Georgette, la Journée internationale des femmes représente une occasion de faire valoir les droits des femmes à travers des sensibilisations et des séances de conscientisation des filles et des femmes. « C’est aussi une occasion de parler égalité et complémentarité entre hommes et femmes à travers les thématiques liées à l’évolution des femmes dans le monde. »

La fleur de Benoît Ngadjole, directeur régional de l’Afrique Centrale
Au niveau de l’investissement personnel de nos collègues femmes sont généralement très ponctuelles et très dynamiques dans l’exercice de leur fonction.
Dans la mise en œuvre du projet d’amélioration de l’accès des réfugiés aux soins de santé, la touche féminine apporte une différence au niveau de nos formations sanitaires et impacte positivement l’accueil et la valorisation des bénéficiaires, grâce à l’attention qu’elles accordent à ces derniers.
La présence des femmes au sein des équipes de Terre Sans Frontières en République du Congo me permet, comme manager, de profiter de la diversité pour améliorer autant le processus de prise de décision que la dynamique des groupes.


Poursuivre ses rêves malgré les obstacles

Ilsen Dayana Gonzales Linares
Responsable du cabinet d’optométrie de l’Hôpital municipal de Pucarani, Bolivie

« Les belles filles ne portent pas de lunettes puisqu’elles n’étudient pas. Elles ont seulement l’option d’être secrétaires ». Voilà ce que Ilsen Dayana Gonzales Linares s’est fait dire par un optométriste bolivien consulté pour des problèmes de vision alors qu’elle étudiait au collège.
« Je me suis sentie très mal, agressée », se rappelle-t-elle. « Puis je suis allée étudier la médecine et lorsqu’en fin de parcours j’ai choisi l’optométrie, je me suis juré de toujours bien traiter les patients et de ne jamais les humilier », affirme Ilsen, qui est responsable depuis 2018 du cabinet d’optométrie mis sur pied par TSF à l’hôpital municipal de Pucarani, en Bolivie.
Selon elle, il y a aujourd’hui plus d’hommes que de femmes qui pratiquent l’optométrie mais les patients ont tendance à faire davantage confiance aux femmes optométristes, ce qui leur permet de trouver du travail plus facilement.
Elle s’estime appréciée et respectée par la communauté grâce à une relation entre professionnelle et patient basée sur l’empathie.
« Je crois avoir une influence positive sur les jeunes filles. Elles me posent beaucoup de question sur ma profession. Lorsque j’étais enceinte, elles voulaient savoir comment je parvenais à continuer le travail », explique Ilsen. « Je leur donne aussi des conseils et les oriente sur la manière de poursuivre leurs rêves malgré tous les obstacles. »
Pour Ilsen, la Journée internationales des femmes est une journée bien spéciale. « Je suis maintenant une mère et une professionnelle qui doit assumer plusieurs rôles, souvent seule. Cette journée est l’occasion de montrer que comme femme, il est possible de réussir sa vie professionnelle et sa vie personnelle. »

La fleur de Dr Eduardo Pacosillo, directeur de l’Hôpital municipal de Pucarani

Nous avons trois femmes qui travaillent au sein du projet santé de TSF en Bolivie. Toutes trois se sont toujours assurées que la relation entre les patients et les professionnels soit chaque jours plus humaine, plus empathique. Cela a contribué à augmenter la confiance de la communauté et de la population envers les services et les soins offerts.
L’impact qu’elles ont se voit dans la joie qu’ont les enfants et les ainés de porter leurs lunettes, dans les centaines d’activités de dépistage réalisées dans les écoles, dans les sourires des gens lorsqu’ils ne perdent plus de dents ou qu’elles peuvent être réparées. Leur impact se fait sentir dans l’amélioration de la santé physique de la population.


Indépendante, combative et compétente

Mariam Fonfana
Comptable pour Sahel21-TSF, Mali

Mariam Fonfana, comptable pour Sahel21-TSF au Mali, affirme que la profession qu’elle pratique est souvent occupée par des femmes au Mali, tout faisant remarquer qu’elles ont « de bonnes capacités de gestion, sont ponctuelles, disponibles, ouvertes et très flexibles. »
Comme femme, elle ne perçoit pas de pression particulière à pratiquer ce métier. «  L’important est de faire un travail intéressant qui permet d’apprendre régulièrement et de renforcer ses capacités. »

Elle estime par ailleurs pouvoir être une source d’inspiration pour les femmes et les filles. « Une femme intellectuelle doit être indépendante, ouverte, combative et capable de transmettre ses compétences à d’autres », résume-t-elle.
Selon Mariam, la bonne relation qu’elle entretient avec les bénéficiaires est renforcée par la compréhension et l’acceptation que ceux-ci ont de son rôle de comptable. Cette bonne compréhension lui permet le faire un suivi rigoureux des fonds alloués et le reportage auprès des donateurs.

Pour Mariam, la Journée internationale des femmes est l’occasion de faire le bilan sur la situation des femmes et de faire des projections pour favoriser leur autonomisation.

La fleur de Jean de Dieu, son superviseur au Mali

Les femmes de Sahel21-TSF sont fières, confiantes en elles et se démarquent par les responsabilités qu’elles assument à plusieurs niveaux.


Reconnaître la valeur de la contribution des femmes

Valeria Dominic Mrema
Directrice du Women Education and Economic Center (WEECE) en Tanzanie

Valeria Dominic Mrema, directrice du Women Education and Economic Center (WEECE) en Tanzanie, estime que le travail qu’elle fait auprès des femmes est en quelque sorte non-traditionnel.  » Il y a de nombreuses femmes qui travaillent à l’autonomisation des femmes mais peu d’hommes qui le font », lance-t-elle, tout en convenant qu’en tant que femme, il lui est plus facile de les approcher et de comprendre leurs situations et leurs défis.
Valéria se réjouit de voir que les gens reconnaissent son travail et son engagement. « Cela a permis de sensibiliser des hommes à l’importance de ce que nous faisons et à l’impact que cela a sur la communauté. Cela se traduit par une relation enrichie avec les bénéficiaires qui partagent leurs points de vue, leurs opinions, et les défis qu’elle relèvent. »
La directrice de WEECE estime être une source d’inspiration pour les femmes et les filles à travers les histoires à succès qu’elles racontent et l’amélioration de leur situation économique. Elle prend en exemple le projet Village community Banks (VICOBA), qui permet à des femmes de 18 à 70 ans de devenir leur propre employeur.
Malheureusement, la pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif sur la majorité des femmes. « Plusieurs femmes du projet VICOBA n’ont pas été capable de rembourser leur prêt dans les délais. D’autres ont perdu leur emploi ou sont redevenues mère à temps plein avec la fermeture des écoles », explique Valeria, qui a poursuivi son engagement en organisant des formation communautaires sur la prévention contre la COVID-19.
La Journée internationale des femmes est pour elle une occasion de reconnaître la valeur de la contribution des femmes dans les communautés et dans la société, ainsi que de célébrer leurs succès économiques, culturels et politiques.

La fleur de Nicholaus Lyatuu, agent de liaison en Tanzanie

Les femmes de WEECE parviennent à la stabilité économique et à l’égalité des genres à travers l’éducation, le plaidoyer et le micro-crédit.

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