Dix ans d’interventions pour OSF

Publié le 9 décembre 2008

Catégories: Optométristes Sans Frontières

Sans tambour ni trompette, Optométristes Sans Frontières (OSF) célèbre cette année ses dix ans d’existence. <br>

C’est en septembre 1998 qu’OSF a vu le jour, sous l’impulsion du frère Robert Gonneville, directeur général de Terre Sans Frontières (TSF), qui a décidé de suivre deux pionniers, les optométristes Daniel Forthomme et Fernand Laflamme. « Pour nous, les interventions bénévoles d’optométristes sur le terrain représentaient une nouvelle façon de rendre concrètement service aux gens. On se disait qu’on pouvait faire une différence », se souvient Robert Gonneville, en soulignant qu’il s’agissait d’un besoin clairement exprimé par le terrain, à travers père Jacques Gauthier, un prêtre des Missions étrangères basé au Honduras. « Au début, les moyens financiers ont limité la capacité d’intervention, mais grâce à l’appui de l’Association et de l’Ordre des optométristes du Québec, par le biais de la Fondation québécoise pour la santé visuelle, le projet a pu être consolidé », explique pour sa part M. François Charbonneau, directeur général de l’Association des optométristes du Québec. « Grâce à ce soutien et à l’expertise de TSF, les missions sur le terrain ont pu être multipliées et les optométristes participant ont pu bénéficier d’un meilleur encadrement. Maintenant, il est à souhaiter que la sensibilisation des optométristes à la cause pourra les inciter à tenter l’aventure », ajoute M. Charbonneau, qui soutient OSF depuis le début. Depuis sa fondation, Optométristes Sans Frontières a toujours gardé le cap sur son objectif premier : offrir à des populations démunies de pays en voie de développement des soins d’optométrie qu’elles ne pourraient autrement se procurer. Le défi est gigantesque, bien sûr. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime en effet que 153 millions de personnes souffrent d’une déficience visuelle due à des erreurs réfractaires non corrigées et que 90 % de ces personnes vivent dans des pays en voie de développement. Déterminés?à?faire?leur?part,?les Optométristes Sans Frontières ont réalisé une quarantaine de missions dans une dizaine de pays au cours de ces dix dernières années. Au total, on estime qu’environ 18 500 personnes ont été examinées par près de 400 volontaires, et que 17 000 paires de lunettes ont été données, des verres correcteurs pour une partie et des lunettes de soleil pour l’autre. Tous les volontaires qui se sont rendus sur le terrain ont témoigné de la reconnaissance exprimée par les populations ayant reçu des soins, comme de l’extraordinaire richesse de l’expérience. « Permettre à quelqu’un de mieux voir en utilisant seulement les moyens du bord m’a permis de renouer avec l’essence du travail d’optométriste. On ne sort jamais perdant d’une telle expérience », racontait Dre Brigitte Marchand, au retour d’une mission réalisée en 1999. Au cours des années, les Optométristes Sans Frontières ont même accompli plusieurs « petits miracles ». Père Jacques Gauthier, qui a accueilli les toutes premières équipes d’OSF au Honduras, retient difficilement ses larmes lorsqu’il parle d’un jeune bambin qu’on croyait pratiquement aveugle, et à qui on a trouvé une paire de lunettes. « Il a commencé par regarder ses mains, puis il a levé la tête pour découvrir le visage de sa mère. C’était la première fois qu’il la voyait vraiment », raconte-t-il avec émotion. Dr Fernand Laflamme se rappelle pour sa part qu’au cours d’une mission au Honduras, il a examiné un jeune garçon qui souffrait d’une myopie de -5.50. « Il ne pouvait pas lire le tableau de l’école ou reconnaître son père marchant de l’autre côté de la rue », raconte Dr Laflamme, qui a déniché dans son stock de lunettes une paire de -5.00. « À cause d’une grève des autobus, je n’ai vu qu’un seul patient cette journée-là, mais cela a drôlement valu la peine. » Et comment passer sous silence le cadeau fait par OSF à une dame n’ayant jamais porté de lunettes malgré une vue déficiente. Elle se plaignait de ne pouvoir passer un fil dans le chat d’une aiguille alors que son travail était de recoudre des plaies dans un hôpital !

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