Des moments privilégiés pour le pilote Yannick Belley

Publié le 9 octobre 2013

Catégories: 2013, Avions Sans Frontières

Yannick Belley, pilote de brousse, est de retour après avoir passé dix mois aux commandes du Cessna 206 d’Avions Sans Frontières, en République démocratique du Congo.

« Voler autour des orages et dedans, s’orienter avec son instinct et son expérience, sans prévisions météo, être en contact avec la force de la nature, c’est là toute la beauté de piloter dans cette région », résume Yannick, qui mettait les pieds en Afrique pour la première fois. Selon lui, il est essentiel que l’avion soit là pour desservir Dungu et la région du Haut Uele. « Avions Sans Frontières est vital à tous points de vue, que ce soit pour évacuer des blessés, transporter du personnel humanitaire ou favoriser le développement économique », précise-t-il, tout en soulignant le formidable engagement de l’équipe ASF, qui est très consciente de l’importance de l’avion. « Dans l’ensemble, les conditions étaient celles auxquelles je m’attendais », explique-t-il, tout en avouant avoir eu le mal des saisons. « Le temps y est plus linéaire. Au Québec, la lumière et les parfums changent beaucoup, tout comme l’humeur des gens », fait-il remarquer, tout en précisant à quel point l’environnement de la maison du pilote à Dungu est agréable pour vivre. « Il n’y a pas une journée qui soit pareille. On peut vivre des moments privilégiés, magiques, rencontrer des gens de partout dans le monde, mais aussi connaître des moments de grande solitude », ajoute Yannick. Vu des airs, Yannick Belley ne comprend pas comment un pays aussi riche en ressources que la République démocratique du Congo soit aussi pauvre. « Il y a plein de mines autour d’une ville comme Bunia mais pas d’électricité », s’étonne-t-il, tout en prônant la nécessité de favoriser davantage le développement de base. Il souligne que la fin de l’état de guerre, qui a prévalu pendant plusieurs années à cause des exactions commises par la Lord Resistance Army (LRA), a sonné le départ de nombreuses ONG vouées à la gestion de crises humanitaires. « Mais elles n’ont pas été remplacées par des ONG pouvant aider au développement durable », déplore-t-il, tout en énumérant la santé, la sécurité, la dignité, le respect des travailleuses et des travailleurs au nombre des conditions de vie qui doivent être améliorées. C’est pourquoi Yannick Belley ne ferme surtout pas la porte à un retour à Dungu. Peut-être pour faire du remplacement aux commandes du Cessna 206. Et pourquoi pas, également pour aider au développement, « en jetant des ponts, en créant un ressac, en faisant venir des gens, en utilisant l’environnement de là-bas avec des expertises d’ici », avance-t-il. « Il me fallait aussi sortir de l’univers de l’aviation durant mon séjour. Alors j’ai essayé de semer des idées, pour que d’autres les sèment à leur tour, et que de nouvelles idées jaillissent.»

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