Déjà dix ans pourDentistes Sans Frontières

Publié le 22 août 2009

Catégories: Dentistes Sans Frontières

Des ressources humaines et matérielles extrêmement limitées pour des besoins criants. Voilà le constat que faisait le Dr Paul Germain, cofondateur de Dentistes Sans Frontières (DSF), au retour d’une mission exploratoire réalisée à Choluteca, au Honduras, en 1999.

À l’époque, un examen sommaire effectué sur 116 personnes lui avait permis d’observer 266 caries, 1978 dents manquantes, et seulement 19 obturations, dont cinq chez la même personne. À n’en pas douter, le lancement de Dentistes Sans Frontières allait permettre d’offrir des soins dentaires à des populations qui en avaient grandement besoin sans pour autant y avoir accès. Dix ans plus tard, les chiffres cumulés traduisent bien la portée et l’étendue des interventions : une quarantaine de missions ont été réalisées dans une dizaine de pays, impliquant la participation de près de 250 volontaires, qui ont examiné et/ou traité environ 13 500 patients. « En démarrant Dentistes Sans Frontières, nous voulions regrouper tous les efforts personnels autour d’un organisme structuré », mentionne Dr Paul Germain. « Plusieurs dentistes avaient déjà vécu des expériences de bénévolat en pays étrangers, mais sur une base individuelle. Ce projet répondait à l’ouverture d’esprit de toute la profession dentaire envers la communauté internationale », souligne-t-il aussi. L’idée était donc de multiplier les occasions pour des dentistes, des assistantes, des hygiénistes et des techniciens de faire don de leur temps et de leurs compétences pour soulager la souffrance, en travaillant avec les moyens du bord, là où leurs services étaient requis. Il est aussi vrai que la possibilité de travailler dans des conditions parfois extrêmes, avec des moyens limités, a toujours opéré son charme sur les dentistes. Des équipements rafistolés, trafiqués, raboutés, des tours qui ne tournent pas, des succions qui ne sucent pas, des génératrices qui ne génèrent pas d’électricité, des chaises pliantes installées au milieu de nulle part, l’absence d’eau courante, des files d’attente qui n’en finissent plus, des soins offerts en pleine jungle, dans des prisons, dans des églises, dans des orphelinats, à bord d’un ponton, d’un autobus… Les gens qui ont vécu l’expérience d’une mission DSF en ont vu de toutes les couleurs au fil des ans. Mais personne n’a jamais baissé les bras, au contraire. Les efforts déployés par tous et chacun pour trouver du matériel et de l’équipement pour lesmissions, pour équiper de façon permanente certaines cliniques sur le terrain, ou pour établir de nouveaux partenariats, sont plus importants que jamais. Parce qu’au-delà de l’aventure,DSF relève d’abord « de la volonté de poser un geste désintéressé visant à aider des êtres humains dans le besoin », affirmait le père Jacques Gauthier, prêtre des Missions Étrangères, après avoir accueilli la première mission officielle de DSF au Honduras, en février 2000. Cette première mission curative fut d’ailleurs chargée de toute l’humanité que DSF souhaitait déployer puisque l’équipe procéda à six interventions chirurgicales visant à corriger des becs de lièvre. Depuis, des milliers et des milliers de dents ont été arrachées, réparées, nettoyées, et un effort particulier est maintenant déployé afin demettre de l’avant la prévention. « Les partenariats établis au départ avec l’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) et la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal nous ont été très précieux », mentionne Robert Gonneville, directeur général de Terre Sans Frontières. « Il y a un beau mouvement de sympathie et d’appropriation du projet qui s’est développé chez les dentistes », ajoute-t-il, tout en faisant remarquer que DSF a vu se succéder trois personnes à la présidence de l’ACDQ, « un signe que le programme est important pour la profession ». D’ailleurs, en cette année de dixième anniversaire, Dentistes Sans Frontières donne un nouvel élan à son action puisqu’un partenariat avec l’Association des chirurgiens dentistes du Québec permettra de développer au Guatemala un projet communautaire de santé bucco-dentaire.

Partagez