« Chaque vol permet de diminuer des souffrances »

Publié le 2 avril 2007

Catégories: Avions Sans Frontières

De retour d’un séjour d’un an passé à titre de pilote en chef d’Avions Sans Frontières (ASF) à Dungu, en République démocratique du Congo, David Dancause plane encore lorsqu’il raconte son expérience, vécue avec sa conjointe Caroline Jean.

« En tant que pilote, je voulais surtout expérimenter quelque chose que je ne connaissais pas. J’ai commencé mes vols durant la saison sèche, donc il y avait peu de vent, de pluie ou d’orages, ce qui m’a permis de bien m’acclimater. Au Québec, on peut avoir la météo peu importe où on se trouve, mais là-bas on l’a une fois qu’on est dedans», relate-t-il, tout en se remémorant son premier vol à basse altitude au-dessus du parc Garamba. « Il y avait des hippopotames, des buffles, des girafes, des éléphants, des acacias. Ça a été un de mes plus beaux moments. » David reconnaît cependant que l’adaptation à Dungu n’a pas pour autant été facile pour Caroline et lui. « Cela demande des efforts et de la détermination. Heureusement, nous sommes arrivés dans la période de Noël, de sorte que nous avons pu nous greffer à plein d’activités sociales. Il a fallu trois mois pour qu’on se sente à notre place », raconte-t-il. Caroline, qu’on appelait « Maman pilote », va dans le même sens en disant qu’il lui a fallu une période d’adaptation, sur­tout en ce qui concerne l’éloignement. Pour sa part, elle a trouvé une motivation en donnant de la formation en informatique à des gens de Médecins Sans Frontières et en travaillant au Cyber-Café de Dungu. Pour David, l’importance du Cessna 206 d’Avions Sans Frontières ne fait pas de doute. « Tu sais pourquoi tu es là. Quand on vient te chercher à la maison à 15 h pour une sortie non prévue parce qu’un malade doit être transporté d’urgence, ton rôle prend tout son sens. Chaque vol permet de diminuer des souffrances », insiste-t-il, tout en soulignant avoir été frappé par la retenue des gens de Dungu face à la souffrance et à la peine. « On se retrouve constamment confronté à toutes sortes de situations et les réactions ne sont pas nécessairement celles auxquelles on est habitués », explique le pilote. Selon David, l’omniprésence de l’armée représente par ailleurs une source de stress au travail. « Les tractations avec les militaires, c’est dur. On entend des histoires de toutes sortes les concernant. » Mais ce ne sont pas les difficultés que David garde en tête. Dungu va lui manquer, surtout la maison. « Le soir, tu te couches et tu mets ta main contre ton nez mais tu ne la vois pas. Et il y a tous ces sons d’insectes et d’oiseaux, la forêt, les singes… c’est l’exotisme », décrit-il. L’aventure africaine n’est cependant pas terminée pour le pilote de Saint-Rémi. En janvier dernier, il est retourné à Dungu pour former son successeur, Stephan Bihan. Puis il a pris la direction de Dar Es-Salaam, en Tanzanie, où il est en entraînement sur un Cessna Caravan. Un autre rêve qu’il réalise…

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