Bye bye Bétou

Publié le 3 décembre 2019

Catégories: Blogue, Terre Sans Frontières République du Congo

Par Claudia Paquette, infirmière et Valérie Tessier, médecin de famille

Le 26 novembre, dernière journée à Bétou. On passe la journée avec une partie de nos collègues préférés question de bien terminer notre mission. Puis, on fait un souper d’au revoir pour remercier tous ceux  qui nous ont bien encadrés durant notre séjour. On se réveille au petit matin sous un ciel d’orage et de violentes pluies. Bétou pleure notre départ! Est-ce qu’on part ou est-ce qu’on retarde notre départ, voilà ce qu’on se demande…
Dr Raphaël et Vivien, notre chauffeur, sont prêts à partir. On entame donc les 1300 km de voiture qui nous séparent de Brazzaville.

Mise en contexte : Dans les dernières semaines, à Bétou, il y a eu des inondations records. Les changements climatiques ça se fait ressentir partout… Des maisons inondées jusqu’au toit et beaucoup de sinistrés. La route principale pour quitter Bétou n’était plus praticable car elle était inondée. On a donc tenté de quitter Bétou par une route secondaire. On a bien dit «tenté».

Résultat : Nous nous sommes enlisés dans la boue, nous avons dû appeler du secours et nous avons parcouru 7 km en 8 heures. Il en restait 1293…

Nous avons eu le temps de composer une chanson qu’on vous laisse ici. Vous pouvez choisir l’air qui vous convient, nous on a choisi celui d’un cri d’équipe, pour garder le moral des troupes! (tsé le: nanananananana, nanana na na na na )

TSF c’est les plus forts
Ils fournissent tous les efforts

Des fois le HCR vient nous sauver
On n’a pas le choix quand on est embourbés

Vivien c’est le meilleur chauffeur
Et Josué c’est notre coup de coeur

Y’a aussi monsieur Évariste
Qui nous guide sur la bonne piste

Dr Raphael dort dans le camion
Pendant qu’on mange des collations

Madame Suzanne prend des photos
S’pas tous les jours qu’on a les bottes pleines d’eau

Pas besoin de pelle quand on a Paquette
Elle a déjà les deux mains dans bouette

On a dû changer la batterie
Avec une coupe de pneus aussi

On a donc appelé jeune Armand
2 heures plus tard y’arrivait en courant

On vit l’expérience tropicale
Personne se fait piquer sauf Vale

Dr togora commence à s´inquiéter
Pendant c´temps là on continue de chanter

Audrey et Benoît sont s’a panique
Mais c’est la vie on est en Afrique

On pense aussi à Dr Grâce
Qui n’a aucune idée de s’qui s’passe.

On essaie d’aller à Ouesso
On espère arriver en un seul morceau

On c’est pas si ça va être aujourd’hui
Mais c’est pas grave on a plein de biscuits

On garde le sourire malgré tout
On est triste de quitter Bétou.

Effectivement, on n’est pas arrivés à Ouesso cette journée là! Vous comprendrez que les huit heures dans la boue ont beaucoup chamboulé l’horaire prévu. Nous avons fait escale dans une petite ville très africaine, Tanri. On a mangé de la gazelle et assisté à un cours de danse typique d’ici.

Le lendemain, nous avons repris la route très tôt pour rattraper notre retard. Nous avons traversé les paysages des différents départements du Congo. Les forêts luxuriantes de la Likouala et de la Sangha, où nous avons gardé l’oeil ouvert à la recherche de gorilles et d’éléphants. On a vus que quelques petits singes lors d’un arrêt carburant, nous voilà motivés pour continuer la longue journée. Puis nous avons sillonnés les majestueuses plaines de la Cuvette et du Plateau.

Nous avons retrouvé, avec un grand soulagement, un Dr Togora très inquiet qui nous attendait à Gamboma. Nous nous sommes dirigés vers Bouemba, où nous avons été accueillis encore une fois par une équipe de TSF très dynamique au poste de santé. Nous avons aussi eu la chance de visiter un nouveau camp de réfugiés qui a été créé en 2019, suite à des conflits ethniques en RDC. C’est impressionnant de voir l’implication des gens pour aider les autres. Un peu plus de 1960 réfugiés sont débarqués à Bouemba, un petit village d’au plus 5 000 habitants. Ils ont créé un nouveau poste de santé et sont en train de reconstruire 6 salles de classe afin de pouvoir envoyer tous les enfants à l’école. Tout le monde est impliqué, tout le monde se mobilise. Les emplois créés sont occupés autant par des locaux que des réfugiés. C’était vraiment une belle journée de découverte.

Puis, nous avons repris la route vers Brazzaville en passant par le Plateau et le Pool nord, deux autres régions magnifiques. Nous avons finalement vu la lumière de Brazzavillle le 29 au soir ! Un long voyage de retour, agrémenté de petits arrêts dans les marchés locaux. Vive les fruits !!!

Les derniers jours sont prévus pour se reposer un peu et faire le débriefing de la mission.

Nous serons de retour à Montréal le 3 décembre en espérant être moins dans la neige qu’on a été dans la boue!!

Partagez