Avions Sans Frontières souffle 25 bougies

Publié le 25 février 2010

Catégories: 2010, Avions Sans Frontières

Il y a maintenant 25 ans, un projet ambitieux, appelé Avions Sans Frontières (ASF), était lancé. Le défi était de taille : acquérir deux avions Cessna 206, afin de désenclaver la province orientale de la  République démocratique du Congo (alors le Zaïre), une immense région où les routes étaient, et sont toujours, impraticables.

Déjà, les Frères de l’Instruction chrétienne étaient bien implantés dans cette région, à Dungu, et y réalisaient des projets de développement durable à travers leur petit organisme appelé Projet de Développement et d’Évangélisation (PRODEVA). « Ces avions représentaient un puissant outil de développement, pouvant contribuer à dynamiser toute la région », rappelle frère Robert Gonneville, alors directeur général de PRODEVA, qui allait devenir Terre Sans Frontières en 1994. PRODEVA et des membres de l’Association des MBA du Québec mirent donc sur pied la structure organisationnelle d’Avions Sans Frontières, qui comprenait plusieurs sections locales, notamment à Montréal, Laval, Québec et Saguenay. Une vaste campagne de financement fut ainsi organisée pour recueillir les 150 000$ nécessaires à l’achat du premier avion, et au démarrage du projet sur le terrain, notamment la construction d’un hangar, l’aménagement de plusieurs pistes (Dungu, Poko et Butembo), et l’installation d’un système de phonie. Le financement fut majoritairement obtenu auprès de la Fondation internationale Roncalli, des Sœurs Grises de Montréal et d’Alberta, des Frère de l’Instruction chrétienne et des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus. Pour compléter le financement, des nages-o-thon, qui connurent beaucoup de succès, furent organisés à travers le Québec sous le thème « Se mouiller pour le Tiers-monde ». L’organisme néerlandais MIVA s’engagea pour sa part à assumer les dépenses d’opération sur le terrain, pour les premières années. C’est Wings of Hope, un organisme américain spécialisé dans l’aviation humanitaire, qui fournit le premier avion et le pilote pour le mener à bon port (ferry-flight). Le premier Cessna 206 d’Avions Sans Frontières quitta donc Saint-Louis au Missouri le 27 mars 1984, pour apparaître dans le ciel immense de Kinshasa huit jours plus tard, à midi quinze. À son bord, le pilote américain Jim Creighton venait de franchir quelque 7000 milles en sept grandes étapes : Saint-Louis, Missouri – Montréal, Québec – St. John’s, Terre-Neuve – Ponta Delgada, Açores – Las Palmas, Îles Canaries – Abidjan, Côte d’Ivoire – Libreville, Gabon – Kinshasa, République démocratique du Congo. Près de cinquante heures de solitude, à combattre tantôt les verglas de l’Atlantique du Nord, tantôt la monotonie du désert, tantôt les orages de la zone inter tropicale. Un changement de route fut même nécessaire pour éviter de survoler une région brusquement déclarée zone de guerre. Jim Creighton était là, épuisé, heureux d’être au bout de sa course et soucieux avant tout de reprendre son travail de pilote commercial aux Etats-Unis. Le pilote Jean-Maurice Drolet, qui s’était occupé de toute la logistique en République démocratique du Congo, mena ensuite le Cessna 206 jusqu’à sa base, à Dungu. C’est là que les pilotes Pierre Lajeunesse et Phoebe Kingscote, un couple de Colombie-Britanique, entreprirent les premières opérations d’aviation humanitaire.

Un deuxième avion

Dès la conception du projet Avions Sans Frontières, l’idée était d’acquérir deux avions de type Cessna 206, afin d’assurer une couverture maximale de la province orientale de la République démocratique du Congo. Ainsi, à peine le premier avion était-il en opération sur le terrain que les démarches se multipliaient afin d’en envoyer un second. Cette fois, l’avion sera basé à Butembo, près de Goma, au Kivu. La campagne de financement se poursuit donc, doublée d’une grande tournée de promotion pan canadienne, réalisée à bord d’un Cessna 337 prêté par Wings of Hope. Guy Gervais, qui, dès 1987, pilotera un Cessna 206 d’ASF six mois par année, durant vingt ans, s’installe aux commandes de cette grande envolée promotionnelle. Les efforts portent fruits puisqu’en mars 1985, soit un an après le départ vers l’Afrique d’un premier Cessna 206, un deuxième appareil de même type y est envoyé, notamment grâce au soutien financier de la Fondation internationale Roncalli, mais surtout de l’organisme américain Wings of Hope, qui fait pratiquement don de ce deuxième avion. De nouveau, le pilote de ligne américain Jim Creighton traverse l’Atlantique pour mener l’appareil à bon port. Un autre pilote québécois, Robert Fleury, qu’accompagne son épouse Marie Danielle-Croteau, prend les commandes à Butembo. Avions Sans Frontières devient dès lors un projet d’aviation humanitaire complètement opérationnel, principalement tourné vers les secteurs du développement et de l’animation pastorale.

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