Au-delà de la pauvreté, la fierté

Publié le 18 juin 2007

Catégories: Dentistes Sans Frontières, Nouvelles

« Quand est-ce qu’on repart? », demande en riant Nathalie Milette, qui a participé à la mission de DSF qui s’est déroulée au Honduras du 21 avril au 5 mai 2007.

Pour cette assistante dentaire de Châteauguay, l’expérience vécue en compagnie du docteur Paul Germain, et des étudiantes Melinda Paris et Élaine Paradis a été à la hauteur du rêve qu’elle caressait. « J’ai adoré ça. Dès la naissance de Dentistes Sans Frontières, j’ai voulu participer à une mission. Mais je n’ai jamais poussé pour le faire, du moins jusqu’à ce que je me présente au kiosque de DSF lors des Journées dentaires l’année dernière », raconte-t-elle. Durant les dix jours de mission, l’équipe a partagé son temps entre la clinique San Francisco de Asis, dans la ville de Choluteca, et cinq petits villages de montagne. « J’ai préféré le travail en montagne », précise Nathalie Milette. « Les besoins y sont plus précis. On a le sentiment qu’on aide beaucoup. Les gens sont pris dans la montagne, alors qu’en ville, il y a quand même un accès aux soins dentaires », ajoute-t-elle, tout en disant qu’il faut se montrer résigné face aux conditions de travail. « L’hygiène est difficile et c’est souvent dur de devoir arracher des dents alors qu’on pourrait les sauver en d’autres circonstances. » Au-delà de la pauvreté, elle a été séduite par la fierté des gens, qui prennent la peine de s’endimancher pour leur rendez- vous , et pa r l’accueil qui leur a été réservé. « Les gens nous regardent un peu timidement, mais il suffit d’un sourire pour qu’ils ne nous voient plus comme des arracheurs de dents. » Durant son séjour, l’équipe a rencontré 293 patients, procédant à 403 extractions, 201 plombages et 12 examens. « La première journée, on a vu 35 patients. Avec le voyage, le stress, on était épuisés. Des patients sont arrivés sur le tard, on a traité une petite fille puis on a dit « assez ». On aurait voulu continuer, mais il fallait se rendre compte qu’il était temps d’arrêter. Ça fait partie de l’apprentissage », raconte Mme Milette, qui n’a que de bons mots pour les partenaires qui ont soutenu la mission sur le terrain. « Ils nous ont tellement bien traité. Malgré le peu de ressources, nous avons eu tout ce qu’il fallait », dit-elle, pour ensuite confier que cette expérience a changé certaines perceptions dans sa pratique. « Là-bas, ils n’ont rien de notre société de consommation, mais ils sont heureux. Tu les piques avec la plus grosse aiguille et ils ne bronchent pas. Ici… disons que les gens sont plus douillets et moins reconnaissants. »

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