Deux physiothérapeutes en terre sénégalaise

L’amour et la gratitude en cadeau

Publié le 14 janvier 2020

Catégories: Blogue, Physiothérapie Sans Frontières - Sénégal

Par : Anik Bélanger, physiothérapeute

Durant la 3e semaine, nous avons assuré des suivis avec les sages-femmes précédemment formées l’an dernier à Dakar. Nous avons principalement fait du rappel sur les notions de constipation, d’incontinence et de douleurs sexuelles et l’impact bénéfique de la physiothérapie pour ces problèmes. Avec la pratique, nous sommes devenues plus efficaces et rapides dans notre enseignement et le temps de consultation n’était presque pas augmenté. Les sages-femmes rencontrées étaient contentes d’avoir ce rappel, car plusieurs notions ne sont pas encore intégrées. Tout changement à nos méthodes de travail prend du temps, c’est bien normal.

Nous avons logé avec les sœurs de Dakar et nous avons découvert un côté bien dynamique à la vie en communauté. En dehors du cadre de travail, nous avons eu bien du plaisir et des fous rires avec ces femmes exceptionnelles. Myriam et moi nous rappellerons toujours du rire particulier d’une sœur qui nous fait sourire à tout coup. Elles nous ont partagé leur spiritualité tout en nous laissant libre de vivre la nôtre. Elles ont pris soin de nous comme des mères. Nous gardons des souvenirs heureux de ces rencontres.

Pour notre dernière soirée au Sénégal, nous avons partagé un souper communautaire autour d’un bol avec 10 personnes. Ici, manger ensemble est signe de rapprochement et de partage. Nous enfilons des tenues traditionnelles et nous sortons assister à des événements culturels de musique et de danse Cerer. La danse au son des tamtams commence par un tempo lent, puis s’accélère pour que les gens dansent un par un en forme de cercle. Les hommes courent, soulèvent le sable et font des mouvements de lutte en harmonie avec le groupe. Ce qui ressemblerait à une émeute chez nous est ici un équilibre de respect et d’énergie sous forme de danse. Très impressionnant à regarder.

Notre mission prend déjà fin. Nous pouvons affirmer que le choc culturel a été important, surtout à partir de la 2e semaine. Les conditions de vie sont déroutantes dans les villages, pourtant les sourires se lisent sur tous les visages. Nous sentons que nous pouvons définitivement apporter une aide dans ces villages plus reculés. Nous avons aimé notre mission, car elle nous a permis de nous rapprocher de l’essentiel, soit l’humain. Il y a tant à offrir et à recevoir. Le Sénégal est le pays de la Terranga, soit le pays de l’hospitalité. Nous n’avions pas d’attentes et nous avons reçu les plus beaux cadeaux de Noël ; l’amour et la gratitude.

Afrique, on est déjà nostalgique. On te dit à bientôt.

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