Accompagner les populations dans leur résilience

Publié le 10 octobre 2014

Catégories: Aide humanitaire, HCR Congo, Résumés de mission

Jean Berchmans Nzisabira, chef de mission pour Terre Sans Frontières en République démocratique du Congo, a fait un saut à nos bureaux de La Prairie. Il dirige une équipe d’une trentaine
de personnes qui exécute un projet d’appui à des réfugiées de la République Centrafricaine et à des retournés congolais, en Province Orientale, au Nord-est du pays. Ce projet humanitaire
est financé par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations-Unies (HCR).

« À Ango, nous distribuons des denrées de première nécessité comme des haricots et de la farine à 210 familles réfugiées puisqu’elles n’ont pas de champs à cultiver. Nous leurs fournissons aussi du matériel comme des tentes et des casseroles, et avons commencé à développer des infrastructures, notamment des écoles, des centres de santé et des maisons », explique M. Nzisabira. Ces distributions sont rendues possibles grâce à un entrepôt contenant 250 tonnes de vivres fournies par le Programme alimentaire mondial (PAM), qui doit être réapprovisionné régulièrement. « À partir de Bunia, il faut cependant de 10 à 20 jours de route aux camions pour rejoindre l’entrepôt », précise M. Nzisabira. L’apport d’Avions Sans Frontières à ce projet est donc très important puisqu’il permet d’avoir des réponses rapides à des urgences en santé et protection des personnes, ainsi qu’en déplacement de matériel et de personnel de supervision. Le second volet de ce projet consiste à appuyer la réintégration de Congolais et de Congolaises qui rentrent aux pays après avoir fui la violence des groupes rebelles en se réfugiant en Ouganda, en République Centrafricaine et au Sud Soudan.

« Il y a environ 200 00 personnes qui ont besoin d’aide. Nous leur distribuons donc aussi des denrées et des articles essentiels et nous fournirons éventuellement des maisons », précise Jean Berchmans Nzisabira, tout en précisant que la zone n’est pas encore entièrement sécuritaire puisque plusieurs groupes rebelles restent actifs dans la région et qu’ils sont très mobiles. Les besoins sont vastes. La population augmente alors que les infrastructures sont vétustes ou ont été détruites par la guerre. La situation dans le secteur de l’éducation est particulièrement préoccupante.

« À l’échelle de la RDC, le taux de scolarisation est d’environ 75 % mais dans nos zones d’interventions, il est en bas de 50 %. Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école, trop de femmes abandonnent les études, il y a nécessité de motivation et de renforcement des capacités chez le personnel scolaire… les besoins sont immenses dans ce secteur », souligne M. Nzisabira, tout en espérant que Terre Sans Frontières pourra bonifier son action en collaboration avec de nouveaux partenaires dans la région comme l’UNICEF.

« Les populations ont développé des mécanismes de résilience. Elles veulent reprendre leur vie en main. Elles font ce qu’elles peuvent avec ce qu’elles ont mais il faut les accompagner dans leur résilience », insiste Jean Berchmans Nzisabira, un Canadien d’origine burundaise qui a connu Terre Sans Frontières au Burundi, dans les années 1990, alors qu’il était responsable d’une ONG partenaire de TSF.

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