5Y-ARB prend son envol

Publié le 15 janvier 2003

Catégories: Avions Sans Frontières

Guy Gervais est bien installé aux commandes du petit avion, l’air grave, touchant tout juste du bout des doigts le volant, comme s’il voulait sentir l’appareil plutôt que le piloter.

Derrière la broussaille de sa barbe, la satisfaction se lit. 5Y-ARB, le nouveau Cessna 206 d’Avions Sans Frontières, qu’il a baptisé la « colombe blanche», vole gracieusement au-dessus de la jungle de la République démocratique du Congo, si dense qu’on jurerait un champ de brocoli. Il n’y a pas de route en vue, pas de terrain où atterrir, seulement quelques hameaux qui apparaissent ça et là. Puis, au confluent des rivières Kibali et Dungu, apparaît la ville de Dungu, le port d’attache habituel du Cessna 206 d’Avions Sans Frontières. L’appareil, qui est à la fois taxi, avion cargo, véhicule postal, ambulance et même corbillard, décrit un long cercle puis atterrit en cahotant doucement. À peine deux mois après l’accident ayant irrémédiablement abîmé l’ancien appareil d’Avions Sans Frontières, le service aérien humanitaire a repris dans le Haut-Uele, une région du nord-est de la République démocratique du Congo. Les gens du coin ont d’ailleurs salué la rapidité avec laquelle un nouvel appareil a été acquis, une action de TSF rendue possible avec les contributions de l’organisme néerlandais MIVA, du Secrétariat à [‘aide internationale du Québec, de l’Agence canadienne de développement international, de dons privés et de l’aide attendue du Club Rotary. « En ce moment, nous volons en moyenne trois heures par jour », mentionne Guy Gervais, qui se dit très satisfait de l’appareil qui a une capacité de six passagers (incluant le pilote). Isiro, Doruma, Bunia, Aru et Dungu sont au nombre des destinations régulièrement visitées par 5Y-ARB depuis la reprise des vols. La situation générale reste cependant difficile dans la région, ce qui oblige le personnel d’Avions Sans Frontières à rester vigilant, afin que 5Y-ARB puisse avoir toutes les autorisations lui permettant d’aller et venir sans encombre. À la fin de l’été 2000, Avions Sans Frontières a établi sa base à Aru, 400 kilomètres à l’est de Dungu, qu’il avait fallu évacuer lorsque des militaires ont envahi la ville en août 1998. Cependant, c’est maintenant à Aru que la situation semble se corser (environ 200 militaires sont campés autour de la piste). Il reste à souhaiter que les accords de paix récemment signés à Prétoria permettront de pacifier toute la région, pour permettre à la «colombe blanche » de voler sans souci dans le ciel du Haut-Uele.

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