Retraite méritée pour Dr Daniel Forthomme

Publié le 26 mars 2018

Catégories: À la une, Optométristes Sans Frontières, Santé

Dr Daniel Forthomme, un des pionniers ayant contribué au démarrage d’Optométristes Sans Frontières (OSF) en 1998, a pris l’automne dernier une retraite bien méritée après plus de 20 ans d’engagement, autant sur le terrain qu’au sein du comité aviseur d’OSF.

Professeur à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal (il en a été directeur de 1985 à 1989), Daniel Forthomme se désolait de voir autant de paires de lunettes être mises à la poubelle. « J’ai commencé à me dire que ce serait bien de pouvoir les recycler alors j’ai mis dans le coup six ou sept étudiants pour qu’ils m’aident à le faire le dimanche », explique-t-il.
Puis, le téléphone a sonné. Dr Fernand Laflamme, un optométriste d’Acton Vale qui connaissait un prêtre québécois très impliqué au Honduras, l’a invité à aller dans ce pays pour y faire des examens de la vue et offrir des lunettes à des personnes démunies.

« Une fois la main dedans, nous nous sommes mis à multiplier les missions et à diversifier les pays », raconte Dr Forthomme, tout en précisant que Terre Sans Frontières (TSF) s’est associé à leur travail au bout de quelques missions. « Ce qu’on faisait, c’était du bricolage.
Avec Terre Sans Frontières et la création d’Optométristes Sans Frontières, nous avions désormais accès à toute une logistique qui facilitait nos interventions sur le terrain », explique Dr Forthomme, en précisant que lors de ses dernières missions, une équipe de trois optométristes pouvait procéder à 500 examens de la vue.

Au total, Daniel Forthomme a effectué une bonne vingtaine de mission dans sept ou huit pays. Le Honduras, la République dominicaine, Haïti, les Philippines, le Pérou et l’Équateur sont au nombre des pays où il a offert des soins.

« Le Pérou est celui qui m’a beaucoup marqué, particulièrement pour sa population courageuse et travailleuse qui était toujours disposée à donner un coup de main. L’Équateur, c’est le pays où j’ai fait un infarctus en pleine mission », raconte-il, tout en affirmant qu’il aurait fait d’autres missions et continué à s’impliquer si sa santé le lui avait permis.

« Quand les gens ont peu de moyens, ils sont abandonnés », affirme Daniel Forthommel pour insister sur la nécessité d’intervenir auprès des populations démunies. « Dès ma première mission, j’ai été frappé de voir à quel point des personnes n’avaient pas de soins alors qu’ici nous débordons de facilités, de services et de suivis », ajoute-t-il.

Ses souvenirs sont remplis de petites anecdotes. Comme cette jeune fille frappée d’une forte myopie à qui il a trouvé des lunettes et qui est revenue le lendemain pour lui dire qu’elle voyait trop. Ou ces couturières qui peinaient à enfiler des aiguilles, alors que leur gagne-pain en dépendait.

« Pour nous, ce n’est rien de les aider mais pour ces personnes, c’est une nouvelle vie qui commence. C’est très motivant. »

Au fil de ses missions, Dr Forthomme affirme ne pas avoir constaté de pathologie particulière chez les patients examinés. « L’oeil humain se défend très bien contre les infections, même dans les milieux pauvres où l’hygiène est plus problématique. Ce sont donc essentiellement des problèmes de visions qui sont à corriger. C’est pourquoi, de voir toutes ces lunettes qui sont encore jetées… c’est un trésor! », insiste-t-il.

Daniel Forthomme trouve aussi dommage qu’il soit difficile de trouver des optométristes disposés à aller sur le terrain pour offrir des services. « Plusieurs jeunes finissants ont envie de vivre cette expérience mais ils veulent aussi travailler, ouvrir une clinique, fonder une famille. En reportant trop longtemps leur désir de s’impliquer, la motivation tombe », regrette-t-il. « C’est tellement une expérience que je souhaite à tout le monde. »

TSF remercie de tout coeur Dr Daniel Forthomme pour son magnifique engagement.

Un commentaire

  1. Daniel Guillemette a écrit :

    Dr Forthomme etait un de mes professeurs en optométrie au début des années 70.
    J’ai toujours admiré son dévouement et sa grande gentillesse. Il porte bien son nom.

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