Mission de physiothérapie en trois volets

Publié le 1 décembre 2014

Catégories: 2014, Physiothérapie Sans Frontières

Hélène Éloïse-Brossard, physiothérapeute, partage ici les moment forts de la mission de deux mois qu’elle mène au Burundi sous l’égide de Physiothérapie Sans Frontières, jusqu’au 11 décembre 2014.

18 octobre Après un accueil chaleureux à l’aéroport et mon installation à la résidence du recteur de l’Université des Grands Lacs, j’ai eu droit à plusieurs visites de reconnaissances à Bujumbura. Une rencontre avec les dirigeants de la COPED (Conseil pour l’éducation et le développement) a eu lieu le deuxième jour. Cet organisme est voué à plusieurs œuvres importantes, dont la promotion de la kinésithérapie depuis 2006. Je leur ai expliqué la vocation de Physiothérapie Sans Frontières et les trois volets de ma mission de deux mois, soit un volet exploratoire que j’approfondirai avec eux afin de constater l’ampleur et les spécificités de leurs besoins en matière de physiothérapie, dans le but de prévoir la faisabilité de missions futures. Le deuxième volet consistera en un transfert de compétences par le biais d’enseignement clinique pratique. Pour ce faire, je visiterai les quelques cliniques qui sont toutes privées et évaluerai sommairement le niveau de compétence des thérapeutes afin d’ajuster l’enseignement clinique selon les besoins. Je leur proposerai aussi de traiter des enfants au besoin et à leur demande. Le troisième jour, j’ai rencontré le Dr. Alexis Sinzakaraye, rhumatologue et directeur du Centre National de Référence en Kinésithérapie et Réadaptation Médicale, le CNRKR, qui compte quatre kinés. Une seule était présente. Nous avons discuté du niveau d’enseignement qu’elle a reçu à l’Université du Bénin. Elle m’a montré quelques dossiers de patients et ai pu apprécier que leur tenue était très correcte. Elle était emballée à l’idée de recevoir de la formation. Comme elle recevait un enfant atteint d’IMC, nous l’avons traité à quatre mains et elle a apprécié les trucs du métier que je lui ai proposés. Nous partons demain pour Makamba.
26 octobre Première semaine de trois à Makamba, petite commune au sud du pays près de la frontière tanzanienne. J’ai rencontré la sœur Odette, directrice du Centre de réadaptation et appareillage St-Bernard, fondé par la COPED en 1979. Ce centre a pour mission d’accueillir des handicapés physiques, tant en interne qu’en externe, afin de leur permettre d’acquérir une certaine indépendance et de prendre leur vie en main en leur offrant de la rééducation, de l’appareillage, de la scolarisation et l’apprentissage d’un métier. Les besoins sont immenses mais les sœurs font un travail remarquable et les enfants sont sereins, souriants et travaillent très fort durant leurs thérapies. Je me joins très rapidement à l’équipe de quatre kinés, trois formés au Bénin, un au Congo et trois aides kiné formées sur place en 2005 par Handicap International. Tous sont avides d’apprendre et sont ouverts à mes suggestions. Déjà mon objectif de transfert de compétences est enclenché dans la convivialité. Tout le monde ici est très attachant, les sœurs m’ont même invitée à un Happy hour vendredi soir pour me témoigner leur gratitude pour l’équipement et les fournitures que je leur ai apportés et pour mon travail auprès des enfants.
8 novembre Amahoro, Je fais désormais partie intégrante de l’équipe du Centre de réadaptation et d’appareillage Saint-Bernard. Les enfants sont intrigués mais ravis de se faire traiter par une musungo (femme blanc en kirundi). Les kinés et aides-kinés viennent me chercher à tour de rôle pour me présenter leurs cas problèmes et sont ouverts aux trucs et conseils que je leur suggère. En fin de journée, ils restent une heure de plus après leur travail afin de profiter des formations que je leur donne, sur des sujets qu’ils choisissent. Comme c’est gratifiant de les voir évoluer et intégrer à leur pratique les techniques enseignées.
14 novembre Mes trois semaines au centre Saint-Bernard se terminent à regrets de laisser une équipe dévouée qui m’a apporté autant que je leur ai donné. Ici, la rusticité est dans les moyens (les altères sont des pierres, les béquilles des bâtons et on va chercher la glace au bar du coin …) mais la richesse est dans le grand cœur des gens qui se dévouent pour les indigents et les handicapés. Avant de partir, les trois kinés m’ont invitée à un « happy hour » et m’ont remis un cadeau d’artisanat local pour me témoigner leur gratitude. La seule note sombre au tableau, est que les sœurs vont perdre les trois kinés en décembre car ils leur avaient été prêtés et qu’elles n’ont pas les moyens de les garder. Avis aux intéressé(e)s pour une prochaine mission des plus gratifiantes.
23 novembre Je suis de retour à la capitale, Bujumbura, pour la dernière portion de ma mission. J’ai joins l’équipe du « Centre National de Référence en Kinésithérapie ». Cette équipe comprend quatre kinés qui furent les premiers, diplômés de l’Université du Bénin, à revenir au pays il y un an et demie. Docteur Alexis, rhumatologue, spécialisé en médecine physique, dirige l’équipe. La clinique est exiguë mais très bien tenue. Dès les premiers jours, je suis devenue le 6e membre de cette équipe. Ils m’ont incluse à leurs réunions hebdomadaires du mercredi, sollicitant mon avis et m’attribuant certains cas problématiques. Ici aussi, faire du transfert de compétences est un vrai plaisir car leur ouverture et leur curiosité à apprendre sont contagieuses.

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