Histoire à succès en Tanzanie

Santé dentaire et visuelle hors des sentiers battus

Offrir des soins de santé spécialisés en dentisterie et en optométrie dans une région enclavée, où le manque de ressources matérielles est criant, voilà le défi que peuvent maintenant relever des professionnelles et professionnels de la santé de Tanzanie, à travers leur collaboration avec des dentistes, des hygiénistes dentaires, des assistantes dentaires, des optométristes et des opticiens et opticiennes du Canada.

Vivre dans la région montagneuse d’Usangi, à l’ombre du Kilimandjaro en Tanzanie, c’est un peu vivre en marge : les transports sont difficiles, particulièrement durant la saison des pluies et pour rejoindre la ville la plus proche, Moshi, il faut compter une journée de marche. Pour les femmes, ce n’est pas tant la distance qui compte que l’insécurité sur la route. Alors quand une molaire est douloureuse, aussi bien pouvoir consulter le dentiste local.

Pour la population de la région d’Usangi, cela est maintenant possible suite à l’installation de trois cliniques dentaires, une située directement à l’hôpital d’Usangi et deux autres excentrées, à Mwanga et Kifula, qui relèvent aussi de l’hôpital. Ces cliniques dentaires s’ajoutent à une clinique d’optométrie comprenant un laboratoire de taille de lentilles pour former un réseau de mieux en mieux outillé pour désenclaver la région en termes de soins de santé spécialisés.

Au cours de la dernière année, l’eau courante a été installée dans les trois cliniques de dentisterie, permettant d’assurer une pratique beaucoup plus salubre, une thématique d’ailleurs mise de l’avant dans les formations offertes aux professionnelles et professionnels locaux par les volontaires du Canada. Dans le même registre, de nouvelles procédures ont aussi été instaurées afin de mieux disposer des déchets biomédicaux.
Pour les professionnelles et professionnels de la santé d’Usangi, l’enclavement constitue également un frein à leur formation continue, pourtant essentielle à leur développement professionnel. Pour y pallier, trois coopérantes et un coopérant volontaire ont réalisé l’année dernière deux mandats sur le terrain, pour offrir dix formations à sept professionnelles et professionnels locaux.

« Avant les formations, je ne pouvais pas vraiment diagnostiquer les caries dentaires très tôt. Grâce à l’appui des volontaires, je peux diagnostiquer et traiter les caries dentaires. Les équipements offerts ont permis de réviser mes capacités en gestion et utilisation de ces équipements »
Chaile Kunazi, thérapeute dentaire
Centre de santé de Kifula

Ces formations constituent évidemment une belle opportunité d’apprendre et de partager avec des volontaires du Canada, mais également de s’investir personnellement. Certains y trouvent même une motivation supplémentaire et l’occasion de se mettre en lumière, comme Nicodemus Mshana, un optométriste remarqué par ses supérieurs à l’hôpital d’Usangi. Il a obtenu une promotion.

Au bout de la route, loin là-bas, c’est toute une communauté qui en bénéficie.